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LE FLOTTAGE DU BOIS DANS LE NIVERNAIS MORVAN
UNE EPOPEE DE QUATRE SIECLES

 

Au milieu du 16° siècle, alors que le bois est le seul combustible connu et que Paris compte déjà 300000 habitants, la capitale manque cruellement de cette matière première indispensable.

Des hommes entreprenants vont avoir l’idée de faire venir le bois depuis les forêts du Nivernais Morvan en utilisant la force motrice, de l’eau de l’Yonne et des ses différents affluents puis de la Seine.

 

Les bûches coupées en hiver, martelées à la marque de leur propriétaire, sont acheminées jusqu’à des ports de jetage aménagés au bord de ruisseaux et rivières et comportant en amont une retenue d’eau que les pluies alimentent. En ouvrant cet étang on provoque un courant dans lequel une importante main d’œuvre jette les bûches emportées par le flux ainsi créé. C’est le flottage à bûches perdues. L’opération sera si nécessaire répétées à plusieurs reprises, jusqu’à ce que les bûches parviennent à Clamecy plaque tournante de cette activité.

 

 

Là, l’Yonne grossit des eaux du Beuvron également utilisées pour le flottage, est plus large et ne permet plus le flottage à bûches perdues. Les bûches sont alors arrêtées par des chevalets placés en travers de la rivière et tirées de l’eau, puis triées par propriétaire. D’immenses piles de bois de trois mètres de haut bordent alors l’Yonne de Chevroches à Châtel Censoir.

Des assemblages de bûches appelés « trains de bois » sont alors construits avec beaucoup de créativité. Longs de 36 m ils quittent la région de Clamecy conduits par un flotteur à l’avant et un enfant à l’arrière. Munis de grandes perches ils maintiendront leur embarcation dans le lit du courant et passeront les pertuis (barrages) dont la fermeture et l’ouverture permettent d’accélérer le courant. De nombreux accidents se produisent entraînant souvent la mort des flotteurs. A proximité d’Auxerre, l’Yonne grossit des eaux de la Cure devient moins sinueuse, deux trains de bois de 36 m sont couplés pour former un ensemble de 72 mètres de long qui poursuivra son voyage vers Paris guidé par deux flotteurs, alors que les enfants retournent à pied à Clamecy.

Il faudra entre 10 et 15 jours pour que le train de bois de 72 m arrive à Bercy. Il est alors pris en charge par des flotteurs parisiens, les plumets, qui le conduiront au chantier du propriétaire, où il sera démonté. Les flotteurs retournent dans la région de Clamecy à pied, durant quatre jours ils parcourront 200 km avant de s’embaucher sur un nouveau chantier.

 

C’est en 1547 qu’un premier train de bois est arrivé à Paris en provenance de Châtel Censoir, le trafic ne cessera de se développer du fait des besoins croissants de Paris. En 1804, c’est plus de 3500 trains de bois et 700000 stères de bûches qui quittèrent la région de Clamecy pour la capitale.

 

En raison de l’utilisation progressive d’autres combustibles, de la mise en service du canal du Nivernais en 1841, l’activité du flottage va progressivement décliner. Le dernier train de bois quittera Clamecy en 1877 et en 1923 le flottage à bûches perdues cessera définitivement.

Romain Rolland écrira des flotteurs, qu’ils furent pour Clamecy « sa noblesse aux rudes mains, aux têtes dures comme leurs poings ».

Indéniablement ils ont écrits par leur labeur, leur courage et leur créativité une page de l’histoire de Clamecy et de Paris, donc de l’histoire de France et méritent bien que l’on fasse vivre leur épopée.

 


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